Le BYOD : côté pile et côté face

Article rédigé par Gérard Blanc, collaborateur invité au blog Funio

Le BYOD, acronyme anglo-saxon de « Bring Your Own Device », qui pourrait se traduire par « apportez vos terminaux personnels », est de plus en plus présent dans les discours des organisations les plus téméraires, même s’il est encore loin d’être opérationnel. Ayant fait le tour de la planète, il fait les beaux jours et les prêches de ses exégètes. En quelques mots, le BYOD est ce nouveau concept suivant lequel les organisations autorisent et même promeuvent l’utilisation des  équipements personnels de leurs employés.

De façon caricaturale, c’est un peu comme l’expression « apportez votre vin » des restaurants se transformait en « apporter vos couverts ». Le restaurant fournirait « la bouffe » et la rendrait disponible, le client la consommerait en utilisant ses propres couverts, assiettes, verres, serviettes, cuillères, fourchettes et couteaux. Pour le « restau » c’est moins d’investissement, pas de risques de « casse », et plus de frais pour la plonge. Pour le client c’est une expérience de consommation unique, puisqu’il utilise ce qu’il aime et avec quoi il est confortable, et ce qu’il sait faire fonctionner, dans l’esthétisme, la pratique et l’hygiène qui lui conviennent.

Il en serait de même au « boulot » pour le système d’information de l’organisation et les équipements des employés. L’organisation rendrait disponibles ses systèmes en format WEB, dans un environnement SaaS, et distribué sur son réseau IP. Les employés utiliseraient les services sur leurs ordinateurs portables, leurs tablettes ou leurs téléphones intelligents.

Le BYOD, s’il peut apparaitre comme une sorte de « nirvana économique » pour les organisations, ce qui n’est pas ici notre propos, est-il vraiment sans risque pour l’employé, son équipement concerné, et les données qu’il contient ?

Les premières frictions du BYOD

Les terminaux utilisés sont les mêmes pour les activités professionnelles et les activités personnelles.  C’est cette mince ligne, qui doit séparer les données professionnelles et les données personnelles, qui est le point potentiellement le plus litigieux du BYOD.

Une piste de solution pour « une bonne pratique » du BYOD

Revenons-en à notre restaurant et à son « apporter vos couverts ». De retour à la maison, il faudra utiliser les mêmes couverts, propre et sans trace de l’utilisation précédente. Il faudra y apporter sa « bouffe » personnelle pour le souper. Pour faciliter cette transition journalière,  l’équipement partagé en BYOD, pourrait être vide, à l’exception d’un fureteur. Permettant d’utiliser les systèmes de l’organisation, sur son réseau, en format WEB. Et de retour à la maison, le même appareil, équipé seulement de son fureteur, pourrait alors utiliser les données et applications personnelles accessibles sur un site WEB, ou sur un disque virtuel (qui est un site WEB), personnel et sécurisé, en mode SaaS, tout comme au bureau.

Évidemment, l’infrastructure de Funio est toute désignée pour héberger ces applications en mode SAAS, que vos employés pourront accéder de leurs propres terminaux.C’est une véritable séparation physique réelle et totale, des utilisations professionnelles et personnelles. Aucun risque de collusion, ni de contamination réciproque. D’autre part, les données personnelles deviennent accessibles de partout où l’on dispose d’un fureteur sur une tablette, un ordinateur portable, ou un téléphone intelligent, etc. . . .

De même, si le terminal personnel devait rester « coincé » au bureau, pour une raison quelconque, les données personnelles seraient toujours accessibles en permanence, à la maison ou ailleurs, à partir d’un autre appareil muni d’un fureteur. Il suffit d’un litige, d’un audit de sécurité, ou autre. Même si l’organisation et ses employés ont eu la sagesse de mettre sur pied une charte d’utilisation des équipements en mode BYOD. Donc, les premières activités du BYOD sont généralement contractuelles.

Il faut régler la problématique de la présence, ou non, d’informations personnelles sur l’équipement. Il faut aussi définir par contrats les responsabilités réciproques, les frais d’utilisation et d’abonnements, le financement de l’immobilisation, les frais d’entretien, d’assurances du matériel, les frais d’assurances accidents, risques et responsabilités, ainsi que les droits et devoirs de tous.  « La confiance n’exclue pas le contrôle ! »

Cependant, une ornière potentielle pourrait se présenter sur le chemin du BYOD. Si l’organisation, pour facilité le virage au BYOD, se montre assez généreuse dans son aide au financement de l’équipement, dans son remboursement de frais, dans ses versements de primes, tout cela risque bien, à terme, d’être considéré comme « un avantage professionnel en nature », et imposé en espèces sonnantes et trébuchantes par les divers paliers fiscaux ?

En conclusion, c’est assurément la facilité d’accueil par l’organisation, l’architecture d’accueil offerte par l’hébergeur et le degré d’acceptation par l’employé qui feront l’avenir du BYOD et son déploiement viral éventuel.

À propos de l’auteur

Chroniqueur de renom, Gérard Blanc se fait une marque dans le monde du journalisme informatique depuis 30 ans. Ayant entres autres contribué à Direction Informatique, il offrira aux lecteurs de Funio une chronique mensuelle sur des sujets liés à la technologie.

Publié le a par Équipe Funio dans: Funio

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